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ATABULA : Les huit anecdotes du Président Denis Courtiade…

LA VESTE DE JAMES BOND, LE STEAK TARTARE, LES PIEDS NUS OU LE PISTOLET MAUSER : LES HUIT ANECDOTES DE DENIS COURTIADE (PLAZA ATHÉNÉE), ÉLU DIRECTEUR DE SALLE DE L’ANNÉE

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C’est fou tout ce qu’il peut arriver dans une salle de restaurant comme celle du Plaza Athénée, à Paris. Entre le client violent, les enfants insupportables, les pieds nus d’une cliente, un pistolet Mauser et le souvenir d’un château Yquem 1893, il y en a pour tous les goûts. Huit anecdotes racontées par Denis Courtiade, élu Directeur de Salle de l’année dans l’édition 2019 du Gault&Millau.
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Violence en salle
« Je me rappelle d’un client vénézuélien qui était venu avec ses deux fils. Des enfants rois ! Dans la salle, ils criaient comme s’ils étaient chez eux, sans le moindre respect pour les autres clients. Forcément, cela gêne les autres tables. Je vais donc voir le client et lui explique gentiment la situation. Quelques instants plus tard, il vient vers moi et me met un grand coup de manchette dans le torse et m’insulte en espagnol. La scène dure deux minutes. Tout le monde est choqué. Moi, je monte à mon bureau pour reprendre mes esprits et, pour ne pas envenimer la situation, je préfère ne pas redescendre dans la salle. La famille finira son repas et… repartira avec le garde du corps qui attendait à l’écart. »
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Porte-sac cassé
« Un client russe et son fils. Là encore, l’enfant fait ce qu’il veut. Il se met par exemple le photophore sur la tête que je rattrape in extremis. Puis il joue avec notre porte-sac qui est un objet qui a une certaine valeur chez nous. Je le vois faire… Et, ce qui devait arriver arrive. Il le casse. Je me rends donc à la table et je récupère l’objet. Le père me rappelle et me demande ce que je fais. Je lui explique. Là, il me demande de rapporter immédiatement un porte sac. Et, à mon retour, il m’explique avec dédain qu’il est prêt à racheter tous les porte-sac du restaurant, me parle de mon salaire, etc. Je me suis contenté d’écouter et je suis parti. »
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Un micro qui change tout
« Nous avions privatisé le restaurant pour quelque 70 personnes. Le client, un Allemand, n’est pas n’importe qui. Il demande à une société extérieure d’installer la sono. Dans l’après-midi, tous les essais sont concluants. Au moment où le repas débute, le responsable de la sono s’en va manger. Et, au moment où il faut allumer le micro, plus rien ne fonctionne. Il y avait eu une erreur de prise, et impossible de redémarrer le système. Heureusement, nous avons un micro sans fil au Plaza Athénée. En moins de trois minutes, nous réglons le problème et le premier discours peut avoir lieu comme si de rien n’était ou presque. A la fin de la soirée, le client vient me voir et me glisse à l’oreille : ‘En réglant rapidement le problème du micro, vous avez sauvé mon entreprise’. Je n’en saurai pas plus mais le discours devait être important. »
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Pieds nus
« La salle du Plaza Athénée est grande, mais parfois pas assez… Un client m’appelle et me montre les pieds d’une cliente située à l’autre bout de la salle. La cliente avait enlevé ses chaussures. Pieds nus donc. Le client m’explique très sérieusement qu’il ne peut pas manger face à des pieds nus. Son discours est clair : soit la dame remet ses chaussures, soit il quitte le restaurant. Nous trouvons une première solution : mettre discrètement un guéridon devant les pieds litigieux. Puis, rapidement, une table se libère et je peux proposer à notre client de changer de table pour avoir une autre vue. Ce qu’il a accepté sans rechigner. »
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La veste de James Bond
« Il y a quelques années, l’acteur Pierce Brosnan vient manger au Plaza, alors qu’un nouveau James Bond est lancé au cinéma en France. Devant l’hôtel, c’est la cohue. J’accueille Monsieur Brosnan, il est placé dans la salle, tout se passe parfaitement. Je décide de remonter au bureau quelques instants. Là, le téléphone sonne, c’est un maître d’hôtel qui m’appelle pour me dire que l’acteur a retiré sa veste. Je lui explique qu’il faut lui demander de la remettre pour respecter le dress code du restaurant. Et là, il me répond : « Mais je ne peux pas, c’est… James Bond ! » Je redescends et je demande donc à Monsieur Brosnan de remettre sa veste, ce qu’il comprend parfaitement. À la fin du service, un monsieur situé à une autre table m’appelle et me remercie d’avoir agi ainsi ; d’avoir tout simplement exigé les mêmes choses, que l’on soit inconnu ou une grande star internationale. »
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Un steak tartare dans le temple de la naturalité
« Au lancement du concept de naturalité, la toute première semaine, j’ai un client américain qui m’explique que son patron ne trouve pas son bonheur sur la carte. L’homme en question, totalement avachi sur sa chaise, est un propriétaire de casino dans plusieurs pays du monde. J’explique la carte et, là, l’homme me demande un steak tartare… Dans ma tête, je me dis que ce n’est pas possible ; nous lançons la naturalité et, pour la première fois, on nous demande un tartare… Dire non est impossible. Je repars en cuisine et là, je file au Relais Plaza (la « brasserie » du Plaza, ndlr) et je leur demande le plat. Je mets le tarte dans la jolie vaisselle du «gastro », je passe dans les coulisses de l’hôtel avec mon tartare et je tombe sur… Monsieur François Delahaye, directeur du Plaza, qui faisait visiter les lieux. »
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Yquem 1893
« Nous recevons un client américain qui prend toujours de très grandes bouteilles de vin. Il nous restait en cave un Château Yquem 1893. Il n’y avait plus d’étiquette sur la bouteille ; nous demandons au client si cela ne le dérange pas, il nous répond qu’il n’y a aucun souci. De toute façon, l’année est écrite sur le bouchon. Nous appelons le château pour avoir quelques informations sur les spécificités d’un Yquem 1893 ; bref tout est prévu pour que le client apprécie ce nectar d’exception. À table, ils sont huit. Nous ouvrons la bouteille et là, le bouchon est pourri et il explose totalement. Impossible ou presque de lire la date sur le bouchon. Heureusement, nous récupérons tous les petits morceaux et nous reconstituons le 1893. Le client goûte et le vin est tout simplement exceptionnel ; il n’avait rien perdu de ses qualités. Sublime récompense : l’homme fait remplir pour l’équipe un petit verre de Yquem 1893. Nous avons pu le goûter, cela reste un grand moment de partage. »
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Un pistolet Mauser au Plaza
« Nous recevons régulièrement quatre copains qui viennent manger chez nous. Ils ont pour habitude de commencer par une coupe de champagne. Et l’un des quatre nous demande toujours un moser (petit fouet qui permet d’enlever les bulles, ndlr) pour enlever les bulles de sa coupe. L’un des quatre copains m’appelle et me demande s’il est possible d’apporter la prochaine fois un pistolet Mauser (célèbre pistolet semi-automatique, ndlr). J’explique qu’il va être délicat de faire rentrer un tel objet chez nous, à la vue de tous les clients. Mais nous avons trouvé la solution : le pistolet a été posé sur un grand plateau, et recouvert d’un torchon blanc. Quand le copain en question a demandé son moser, nous lui avons apporté, sur un plateau, un Mauser. Ils en ont rigolé tout le repas. »

 

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